Produits alimentaires au CBD interdits en France : huile, bonbon, tisane

Produits alimentaires au CBD interdits en France : huile, bonbon, tisane

Produits alimentaires au CBD interdits en France : ce que ça change pour L'Herbe Enchantée

Depuis le 15 mai 2026, la France applique strictement le règlement européen Novel Food. Résultat : les huiles alimentaires, infusions, bonbons, gummies et autres compléments à base de CBD ne peuvent plus être légalement vendus sur le territoire français. Une décision qui secoue toute la filière — et qui m'oblige à vous expliquer clairement ce que ça change pour vous, et pour moi.

Ce qui s'est passé — les faits, simplement

Ce n'est pas une loi nouvelle qui est tombée du ciel. C'est l'application stricte d'un texte européen qui existait déjà depuis 2015 et que la France avait jusqu'ici simplement… toléré de ne pas appliquer.

Le règlement européen Novel Food (UE 2015/2283) impose une règle de bon sens en apparence : tout ingrédient alimentaire qui n'était pas consommé de manière significative en Europe avant le 15 mai 1997 doit obtenir une autorisation avant d'être mis sur le marché. En 2019, la Commission européenne a classifié les extraits de Cannabis sativa L. contenant des cannabinoïdes dans cette catégorie. Depuis lors, les produits alimentaires au CBD sont techniquement non conformes en Europe — mais la France fermait les yeux.

Ce regard bienveillant a pris fin le 15 avril 2026, quand la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a convoqué les syndicats de la filière pour leur annoncer un plan de contrôles national entrant en vigueur à la mi-mai 2026, sans délai de grâce. Ce revirement a été précipité par un avis de l'EFSA (l'agence européenne de sécurité alimentaire) publié en février 2026, qui fixait la dose journalière de sécurité pour le CBD ingéré à seulement 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg — un seuil que la quasi-totalité des produits du marché dépassait largement.

🚫 Ce qui est interdit depuis le 15 mai 2026

  • Huiles de CBD à usage alimentaire (sublinguale ou ajoutée aux aliments)
  • Infusions et tisanes au CBD — y compris les mélanges en vrac avec sommités fleuries
  • Bonbons, gummies, pastilles au CBD
  • Chocolats, biscuits, snacks enrichis en CBD
  • Gélules et compléments alimentaires à base de CBD
  • Boissons, sirops, eaux fonctionnelles contenant du CBD

Le critère est simple : si un produit est destiné à être ingéré et mentionne du CBD sur son étiquette, il entre dans le périmètre de l'interdiction.

Mon avis sur cette décision — parlons-en franchement

Je vais être honnête avec vous : cette décision me met en colère. Pas parce qu'elle m'impacte directement de manière catastrophique — nous allons voir pourquoi — mais parce que ce qu'elle révèle me dérange profondément.

Interdire les infusions au CBD tout en autorisant les cigarettes électroniques au CBD, c'est un signal réglementaire qui n'a aucune cohérence sanitaire. Une tisane de chanvre bue en soirée pour se détendre est infiniment moins problématique qu'un e-liquide vapoté. Pourtant c'est la tisane qui disparaît des rayons et le e-liquide qui reste.

Ce qui me dérange encore plus, c'est ce que la Confédération paysanne a très justement pointé : cette décision favorise mécaniquement les industriels. Les dérogations au règlement Novel Food existent — mais elles nécessitent un dossier technique lourd et coûteux que seuls les grands groupes peuvent se permettre de constituer. Les petits producteurs, les fermes diversifiées, les circuits courts — nous — n'avons tout simplement pas les moyens d'entrer dans ce jeu-là. C'est une concentration déguisée de la filière, et ça me révolte.

La filière estime que plus de 2 000 boutiques spécialisées sont directement menacées, le CBD alimentaire représentant en moyenne 40% de leur chiffre d'affaires. Des centaines de producteurs et de projets en circuits courts se retrouvent fragilisés du jour au lendemain.

Cela dit — et c'est important de le dire — la réglementation existe, elle s'applique, et il ne m'appartient pas de la contourner. Ce que je peux faire, en revanche, c'est vous informer clairement de ce qui change et de ce qui ne change pas.

Ce qui reste parfaitement légal — et ce que je continue de vous proposer

Le CBD n'est pas interdit en France. Ce qui est interdit, c'est son usage alimentaire sans autorisation. Et la bonne nouvelle, c'est que l'essentiel de ce que je produis à la ferme n'est tout simplement pas concerné.

✅ Toujours légal

  • Fleurs de CBD — légales depuis l'arrêt du Conseil d'État de décembre 2022
  • Résines de CBD (dry sift, bubble hash, rosin)
  • Huiles CBD à usage cosmétique/topique — massage, soin cutané
  • E-liquides CBD
  • Graines de chanvre et leurs dérivés (huile de graines, farine)

🚫 Interdit à la vente

  • Huiles CBD alimentaires (sublinguale)
  • Infusions/tisanes au CBD
  • Gummies, bonbons, chocolats CBD
  • Gélules et compléments alimentaires CBD
  • Boissons et eaux fonctionnelles CBD

☕ Pas d'infusions toutes faites — mais vous pouvez toujours les faire vous-même

C'est un point essentiel que beaucoup ignorent : l'interdiction porte sur la vente de produits alimentaires au CBD, pas sur leur consommation personnelle. Autrement dit, rien ne vous empêche de continuer à préparer vos propres infusions chez vous — et c'est même une approche que j'ai toujours trouvée plus intéressante, car elle vous laisse le contrôle total sur ce que vous mettez dans votre tasse.

La solution est simple : achetez de la trim de chanvre — ces petites feuilles résineuses récoltées lors de la manucure des fleurs, riches en terpènes et en cannabinoïdes — et associez-la à vos plantes aromatiques habituelles. Une pincée de trim dans une infusion de camomille, de mélisse ou de menthe, et vous retrouvez exactement le même rituel du soir que vous aviez avec nos mélanges Morphée ou Aphrodite. Peut-être même avec plus de personnalité, puisque c'est vous qui dosez selon vos envies.

🌿 Comment faire votre infusion maison ?

  1. Faites chauffer votre eau à 80-85°C maximum — évitez l'ébullition qui dégrade les terpènes
  2. Ajoutez une pincée de trim (0,3 à 0,5g selon vos préférences) à votre mélange de plantes aromatiques
  3. Ajoutez quelques gouttes de matière grasse (lait, lait végétal, huile de coco) pour favoriser l'extraction des cannabinoïdes, qui sont liposolubles
  4. Laissez infuser 5 à 10 minutes à couvert
  5. Filtrez et savourez 🍵

➡️ Découvrir notre Trim artisanale

C'est finalement une belle façon de reprendre la main sur ce qu'on consomme — et de renouer avec quelque chose que nos ancêtres faisaient naturellement, bien avant que le chanvre ne devienne un enjeu réglementaire. Le bricolage maison a parfois du bon. 🌱

Ce que ça change concrètement pour L'Herbe Enchantée

Soyons transparents sur notre situation. Depuis le début, le cœur de mon activité à la ferme, c'est la fleur de CBD artisanale cultivée en living soil, et ses dérivés : bubble hash, dry siftect. Ce sont des produits qui ne sont absolument pas concernés par l'interdiction Novel Food.

En revanche, nous proposions jusqu'ici des infusions dans notre boutique — les mélanges Morphée, Aphrodite et Aergie, qui associaient des plantes aromatiques à des fleurs de chanvre. Ces produits entrent dans le périmètre de l'interdiction dès lors qu'ils mentionnent du CBD et sont destinés à l'ingestion.

Nous retirons donc ces produits de la vente dans le respect de la réglementation en vigueur. Je ne vais pas vous mentir : c'est une décision qui me coûte, parce que ces infusions représentaient pour moi un pont entre le monde du chanvre et celui des plantes aromatiques médicinales — une façon de vous faire découvrir les bienfaits du CBD dans un format doux, naturel et accessible. Mais la loi est la loi, et je préfère vous le dire clairement plutôt que de continuer à les vendre en espérant ne pas me faire contrôler.

Et maintenant, on fait quoi ?

La situation peut évoluer. La procédure d'autorisation Novel Food reste techniquement ouverte. Si un acteur — industriel ou collectif professionnel — parvenait à obtenir une autorisation européenne pour le CBD comme ingrédient alimentaire, certains produits pourraient revenir sur le marché. Mais au vu des conclusions très sévères de l'EFSA en février 2026, ce scénario semble peu probable à court terme.

En attendant, je reste convaincu que l'avenir de notre filière passe par ce que j'ai toujours défendu : la qualité irréprochable du produit brut, la transparence sur les pratiques culturales, et la relation directe avec les consommateurs. Une belle fleur cultivée avec soin en living soil, un bubble hash artisanal réalisé à froid — ce sont des produits que personne ne peut m'interdire de vous proposer, et qui méritent d'être connus et reconnus pour leur propre valeur.

C'est là-dessus que je continue de concentrer toute mon énergie.

💬 Des questions sur ce que vous pouvez encore acheter ?

N'hésitez pas à me contacter directement. Je suis disponible pour répondre à vos questions sur la réglementation, sur nos produits et sur les alternatives à ce que vous trouviez dans notre boutique avant le 15 mai. La transparence avec vous, c'est non négociable — c'est une des raisons pour lesquelles j'ai voulu écrire cet article plutôt que de simplement retirer des produits sans explication.

➡️ Explorer ce qui reste disponible dans la boutique

Le chanvre mérite mieux que d'être la variable d'ajustement des politiques réglementaires européennes. En attendant que ça change, je continue de cultiver, de récolter et de vous proposer le meilleur de ce que ma ferme peut produire. 🌿

Quentin
L'Herbe Enchantée
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